Après une première journée idéale, conclue par quatre qualifications en finale A, l’équipe de France U19 espérait transformer l’essai ce dimanche sur le bassin de Brandebourg, en Allemagne. Au terme d’une matinée intense, les Bleuets sont repartis avec une médaille de bronze grâce au quatre sans barreur masculin et de précieuses expériences engrangées pour l’ensemble du collectif tricolore.
Le quatre sans barreur masculin composé de Marc Bonnin (Aviron Club de Manosque), Gabin Fantino Apert (Rowing Club Cannes Mandelieu), François Stambach (Aviron Strasbourg 1881) et Balthazar Mezoughi Auguste (Cercle de l’Aviron de Lyon) a offert à la délégation française sa seule médaille du week-end. Dans une finale très relevée, Français, Roumains et Allemands ont réalisé un départ canon. Les Tricolores ont rapidement pris l’avantage avec près d’une seconde d’avance sur les rameurs d’outre-Rhin après les premiers 500 mètres. Une lutte à distance s’est alors installée entre les Français, en ligne 2, et les Allemands, en ligne 4. Ces derniers ont finalement repris l’avantage avant la mi-course, tandis que les Français ont conservé la deuxième place devant les Italiens et les Roumains. Mais dans le dernier 500 mètres, les Italiens ont lancé une dernière accélération pour venir arracher la médaille d’argent. Les Français ont finalement décroché une très belle médaille de bronze au terme d’une course pleine d’engagement.
Gabin Fantino Apert est revenu avec satisfaction sur cette finale : « on est très contents de notre finale, on a fait une course pleine. On est partis devant et on a réussi à garder la tête froide et relancer pour rester devant le plus longtemps possible. Quand on s’est fait passer par les Allemands, on n’a pas stressé et on est bien restés dans notre course. Les Italiens nous passent sur l’enlevage, c’est dommage mais c’est le jeu. On est quand même très contents de notre finale ». Balthazar Mezoughi Auguste a surtout retenu la force du collectif : « franchement, aucun regret sur la course. On s’est fait confiance, on est allés au bout de nous-mêmes, pour nous et pour les autres. C’était une belle expérience, ça m’a rappelé des souvenirs de la médaille de 2025. C’était un beau projet, on a évolué ensemble, on s’est fait confiance et c’est ça que je retiendrai. On est allés au bout de l’effort à quatre et c’était cool ». Même état d’esprit pour le Strasbourgeois François Stambach : « on s’est fait kiffer à quatre. On est une bande de potes et on a adoré tout ce qu’on a fait ensemble, que ce soit à Lyon, à Vaires-sur-Marne ou ici. On a fait un gros troisième 500 aujourd’hui, que du kif ! ». Même son de cloche du côté de Marc Bonnin : « le bateau avançait, on était ensemble, on formait une vraie équipe et j’ai adoré ».
Quelques minutes plus tôt dans la matinée, Lina Hofland (Association Sportive Mantaise Aviron) et Lilya Bouchikhi (Union Sportive de Ris-Orangis) ont pris le départ de la finale du deux sans barreur féminin. Très offensives dès les premiers coups, les Françaises ont réalisé une excellente entame de course pour prendre rapidement une demi-longueur d’avance sur les Autrichiennes et compter plus d’une seconde d’avance après les premiers 500 mètres. Mais les Roumaines ont produit leur effort dans le deuxième quart de course pour prendre les commandes, tandis que les Italiennes sont également revenues dans la lutte. Victimes de la fatigue et du vent, les Tricolores se sont légèrement désunies et ont glissé en quatrième position à 500 mètres de l’arrivée, une place qu’elles ont conservée jusqu’à la ligne. Une légère déception pour les Bleuettes qui auront tenté leur chance avec un départ ambitieux, mais cette première expérience internationale à ce niveau leur permettra d’engranger de précieux repères pour la suite.
En deux de couple masculin, Maxence Imard (Aviron Sevrier Lac d’Annecy) et Maël Khaloua (Aviron Marne et Joinville) ont eux aussi réalisé un départ rapide pour pointer en troisième position après les premiers 500 mètres. Derrière des Italiens toujours en tête, les écarts se sont fortement resserrés dans le deuxième 500 avec le retour des Turcs, très solides depuis le début de la compétition. À la mi-course, les Français ont occupé la cinquième place mais restaient alors à seulement trois dixièmes du podium. La seconde moitié de course a été plus difficile pour les Tricolores, qui ont glissé en sixième position dans le troisième 500 et ont progressivement perdu du terrain sur les bateaux de tête. Ils terminent finalement sixièmes de cette finale européenne.
Camille Yvinec Luzeiro (Cercle Nautique de Melun) et Héloïse Gentin (Club Nautique de Belbeuf) ont conclu la journée française en finale du deux de couple féminin. Placées en ligne 6, les Françaises sont restées légèrement en retrait de la lutte pour le podium, animée par les trois premiers équipages derrière les athlètes individuelles neutres, solidement installées en tête. Cinquièmes à la mi-course avec quatre secondes de retard sur la quatrième place, les Tricolores ont conservé cette position jusqu’à l’arrivée, devant les Turques. Une première expérience à ce niveau particulièrement enrichissante pour les deux jeunes rameuses françaises.
Christine Gossé, coordinatrice du programme U17, U19 et U23, a dressé à l’issue de la compétition le bilan de ces championnats d’Europe :
« Bilan à la fois positif et mitigé. Positif car on revient avec une médaille de bronze, avec une très belle course du quatre sans barreur. J’étais dans les tribunes, j’ai bien cru qu’ils allaient gagner. Le dernier 500 n’a pas été aussi efficace qu’on l’aurait souhaité mais ça reste une grande course.
Pour les autres bateaux, qui se classent quatrième, cinquième et sixième, le côté positif est qu’ils rentrent tous en finale. Le deux sans barreur femme a joué sur ses points forts en faisant une première partie de course très rapide. Un peu de vent et de fatigue font qu’elles se sont un peu désunies ensuite. Pour les deux de couple, homme et femme, ils avaient tous les deux le sixième temps des partants en finale donc ils sont finalement à leur place.
Je tiens à souligner un super esprit d’équipe, une belle dynamique des athlètes, des coachs et du staff médical. Tout le monde s’est soutenu, notamment hier lors des demi-finales. Il y a encore du travail sur le plan technique, je trouve qu’il y a déjà une évolution par rapport à l’an dernier, mais je pense qu’on peut encore aller plus loin avec le programme d’Antonio Maurogiovanni. »

















