Sous une chaleur écrasante sur le mythique Rotsee, l’équipe de France disputait ce dimanche la dernière journée de la troisième et ultime étape de la coupe du monde 2026 à Lucerne.
Cette journée était entièrement consacrée aux finales A, avec cinq équipages français encore en lice après leurs solides performances des jours précédents. À l’arrivée, les Bleus repartent de Suisse avec deux médailles de bronze !
Premier Français engagé ce dimanche, Alexis Sanchez (Marseille Avi’Sourire) disputait la finale du skiff PR1. Déjà médaillé d’argent à Lucerne l’an dernier, le rameur marseillais retrouvait cette fois un plateau particulièrement relevé. Dès les premiers coups de rame, l’Australien Erik Horrie prenait les commandes avant d’être dépassé par le Britannique Ben Pritchard, futur vainqueur. Le Français n’a pas été en mesure de rivaliser avec les deux hommes de tête, mais il a su parfaitement gérer sa course derrière eux. Rapidement installé à la troisième place, le Français a creusé un écart suffisant sur ses poursuivants pour ne jamais être inquiété. Il décroche ainsi une belle médaille de bronze et confirme sa place parmi les références mondiales de la discipline.
« C’est toujours un plaisir de courir ici », confiait-il à l’arrivée. « J’ai essayé de m’employer au maximum. C’est bien, c’est un podium, mais c’est sûr que je vise plus haut et que j’aspire à aller chercher encore mieux. » Entre satisfaction et ambition, Alexis Sanchez retient surtout une progression constante : « Je commence à m’installer un peu plus souvent sur des podiums. Ça ne se fait pas en un jour, il faudra du temps pour aller chercher les meilleurs, mais je vois que je suis dans la bonne direction. »
L’autre médaille tricolore du jour est venue du quatre sans barreur masculin composé d’Armand Pfister (Club Nautique de Chambéry-Le Bourget), Alistair Gicqueau (Aviron Tours Métropole), Florian Ludwig (Club Nautique de Chambéry-Le Bourget) et Téo Rayet (Société des Régates Mâconnaises). Déjà médaillés d’argent à Séville, impressionnants en série puis en demi-finale à Lucerne, les Français abordaient cette finale avec de solides ambitions. Face à eux se dressait notamment le redoutable équipage britannique, grand favori de l’épreuve et déjà vainqueur en Espagne. Les Britanniques ont rapidement pris l’avantage, imposant leur rythme en tête de course. Derrière eux, la bataille pour les deux places restantes sur le podium a offert un spectacle haletant entre Français, Roumains et Américains. Pendant près de 1500 mètres, les trois bateaux sont restés quasiment sur la même ligne, sans qu’aucun ne parvienne à faire la différence. Les Tricolores ont longtemps semblé capables d’aller chercher l’argent, avant de subir le retour des Roumains dans les derniers mètres. Finalement troisièmes, ils décrochent une médaille de bronze au terme d’une course d’une intensité exceptionnelle.
« J’ai bien réalisé qu’on était trois bateaux sur la ligne à courir derrière les Anglais », expliquait Armand Pfister en zone mixte. « On a essayé de creuser l’écart très tôt dans la course. À la fin, on se fait déborder par les Roumains parce qu’ils arrivent à en mettre plus que nous. Mais je pense qu’on a vraiment fait une bonne course avec les armes du jour. » Même sentiment du côté d’Alistair Gicqueau : « J’ai juste poussé, puis j’ai tourné la tête et j’ai vu qu’on était troisièmes. C’est cool quand même. Même si c’est un bateau qu’on avait battu hier, il fallait aller la chercher cette médaille. » Malgré une légère frustration, les Français savourent la portée symbolique de ce podium. « Une médaille sur le Rotsee, à Lucerne, ça veut quand même dire quelque chose », concluait Armand Pfister. « Dans notre sport, il y a les Jeux olympiques, les championnats du monde… et il y a Lucerne. Celle-là, elle est bonne à prendre. »
En deux sans barreur féminin, Emma Cornelis (Sport Nautique de Nancy) et Hézékia Péron (Club Nautique de Libourne 1876) retrouvaient plusieurs de leurs principales rivales aperçues à Séville, notamment les Chiliennes et les Tchèques, ainsi que l’Américaine Regina Salmons, quatrième en Espagne. Les Tchèques ont immédiatement pris les commandes, suivies de près par les Américaines. Les Françaises ont longtemps tenté de rester au contact. Si l’espoir d’une médaille de bronze a un temps subsisté, les écarts se sont progressivement creusés dans la deuxième moitié de course. Cinquièmes au passage des 1500 mètres, Emma Cornelis et Hézékia Péron ont toutefois trouvé les ressources pour revenir sur le deuxième bateau américain dans les derniers mètres. Elles terminent quatrièmes de cette finale A, au pied du podium, avec la certitude d’avoir encore une carte à jouer lors des prochains grands rendez-vous.
En finale du deux de couple masculin, Victor Marcelot (Boulogne 92) et Samuel Arqué (Aviron Club de Lyon Caluire) faisaient figure d’outsiders. Pour leur première finale A ensemble en coupe du monde, les deux Français ont livré une course sérieuse. Longtemps au contact du peloton de tête sans jamais totalement décrocher, ils n’ont cependant pas eu les armes pour rivaliser avec les meilleurs dans le sprint final. Ils prennent finalement la sixième place. Un résultat néanmoins encourageant pour un duo en construction, qui confirme son potentiel au plus haut niveau.
La dernière finale tricolore du jour concernait le quatre de couple féminin composé de Violaine Aernoudts (Club Léo Lagrange Armentières), Margaux Bailleul (Société Havraise de l’Aviron), Mya Bosquet (Société Havraise de l’Aviron) et Claire Bové (Association Sportive Mantaise Aviron). Quatrièmes après le premier quart de course, les Françaises ont ensuite glissé au cinquième rang à mi-parcours avant d’être reprises par l’équipage suisse dans les dernières centaines de mètres. Elles terminent sixièmes de cette finale A, un résultat qui reste encourageant dans la perspective de la suite de la saison.
Après cette étape lucernoise conclue par deux médailles de bronze, les regards se tournent désormais vers les prochaines échéances. La semaine prochaine, des trials seront organisés à Vaires-sur-Marne afin de déterminer les équipages qui représenteront la France aux championnats du monde. Les rameurs prendront ensuite la direction de Varèse pour un stage de préparation à partir de fin juillet. L’équipe de France de para-aviron disputera quant à elle les championnats d’Europe à Varèse du 30 juillet au 2 août, avant de rejoindre le reste de l’équipe pour le grand rendez-vous de la saison : les championnats du monde, programmés du 24 au 30 août à Amsterdam !

















