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« Un bilan très satisfaisant »

Retour avec Germain Pontois, responsable de l’équipe de France de para-aviron, sur les résultats tricolores à Amsterdam et sur la saison 2025/2026.

Quel bilan tirez-vous de ces championnats du monde ?

Un bilan des championnats du monde très satisfaisant puisque les deux équipages engagés terminent à la meilleure place possible, au vu des équipages qui se trouvaient en face et de nos ambitions.

Le quatre barré mixte PR3 décroche une médaille de bronze. Qu’est-ce que vous retenez de sa performance ?

Avec cette médaille de bronze, le quatre barré mixte PR3 confirme son potentiel, malgré le peu de temps d’entraînement qu’ils ont pu avoir ensemble. Nous avions pu constater pendant la préparation leur capacité à atteindre de hautes vitesses pendant de courtes périodes de temps. On a un équipage qui a un très bon deuxième 1000 mètres : seuls les Américains en finale ont fait mieux.

Nous avons eu, à la suite des championnats d’Europe, neuf séances en bateau. C’est trop peu, mais elles en ont valu le double tellement les rameurs et rameuses se sont investis dans chacune d’entre elles. Cela nous permet de gagner en cohésion, en fluidité technique et dans notre capacité à communiquer, à se dire les choses et à travailler ensemble dans un sens commun. Ce n’est pas toujours aisé, notamment dans les bateaux mixtes, surtout avec de telles disparités au niveau de l’expérience ou des handicaps, mais la cohésion nous a permis d’avoir un bateau à son plein potentiel.

Les perspectives pour cet équipage sont intéressantes et j’ai espoir que nous puissions réunir les rameurs et rameuses très régulièrement la saison prochaine pour aller qualifier la coque pour les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028 et réitérer un podium mondial.

Alexis Sanchez réalise également un très beau championnat du monde en skiff PR1.

Effectivement ! C’est un peu frustrant pour lui car sa première course a eu lieu très tard dans la semaine et il a fallu être patient, mais aussi parce qu’en série et en demi-finale, la consigne était juste faire le job pour passer les tours, sans attaquer son capital énergie pour pouvoir se préserver et tout donner en finale, tout en étant très exigeant sur sa qualité technique.

Il a réussi à atteindre les objectifs fixés par Loïc Mariage, à maîtriser ses courses et à ronger un peu son frein pour, en finale, pouvoir courir intelligemment. Il n’avait pas adopté la bonne stratégie à Varèse et cela lui avait coûté cher. Il a été cette fois beaucoup plus stratégique. L’objectif était de battre l’un des rameurs du « Big 4 » (Pritchard, Horrie, Polianskyi et Perini) pour grapiller une place et se rapprocher du podium, ce qu’il a fait en terminant devant Perini.

Il n’a jamais été aussi près de la médaille. C’est un résultat positif qui démontre bien que le travail réalisé paye petit à petit. Très bon résultat et très bon comportement de sa part.

Rémy Bureau était également présent à ces championnats du monde, en tant que remplaçant.

Il a gagné cette sélection, cette place de remplaçant et son engagement dans cette course. Il était face à des rameurs valides donc, évidemment, il n’y avait pas de comparaison possible, mais il n’était pas là pour rien. Il a réalisé un très bon stage terminal au cours duquel il a réalisé des chronos intéressants. Il a aussi été un très bon remplaçant et un accompagnateur modèle pour l’équipe, que ce soit pour Alexis ou pour le quatre barré mixte PR3, dans l’ambiance, le soutien et l’accompagnement du staff. C’est une super personne qui a fait un très beau championnat.

Peut-on revenir sur le forfait du deux de couple mixte PR2 ?

La petite déception est de ne pas avoir pu aligner le deux de couple mixte PR2 avec Perle Bouge et Morgan Godin. Morgan était déjà un peu fragilisé à son arrivée en stage et, malgré tous les soins mis en place par le staff technique et médical, il n’a pas été en mesure d’être remis à 100 %.

À la sortie des championnats d’Europe, on se disait qu’avec un bon stage, il y avait des choses à aller chercher, un peu comme pour le quatre barré mixte PR3. En raison des adaptations mises en place, nous n’avons pas eu le temps de préparer le bateau comme nous l’aurions voulu et c’est pour cela que nous avons décidé de ne pas nous aligner au départ.

Nous sommes convaincus des capacités de cet équipage et que nous avons pris la bonne décision afin d’attaquer correctement la saison 2027 sans blessure, avec notamment des championnats du monde qui seront qualificatifs pour les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028.

Le collectif « Relève » prend de plus en plus d’importance. Comment fonctionne-t-il ?

Nous avons mis en place le collectif « Relève » au sortir des Jeux paralympiques de Paris 2024. C’est l’antichambre de notre collectif « Performance », l’objectif étant de pouvoir convoquer en stage des rameurs et rameuses qui ont du potentiel sans forcément se projeter tout de suite sur des résultats.

Ce collectif prend de plus en plus d’ampleur. Si on compte le deux de couple PR2, sur les huit rameurs et rameuses alignés aux championnats du monde, quatre en étaient issus : Morgan Godin, Rémy Bureau, Eva David et Hélène Balzac. Sans oublier la sélection d’Erwan Chamouleau, lui aussi membre du collectif, aux championnats du monde U23. Donc c’est la preuve que cette initiative a son importance.

Au-delà de ces championnats du monde, quel bilan tirez-vous de la saison ?

Au-delà du bilan positif de ces championnats du monde, c’est une belle saison pour nous car on voit qu’on arrive de plus en plus à créer une identité autour de cette équipe, à faire progresser nos athlètes déjà engagés dans la performance tout en ayant la capacité de les accompagner avec de nouveaux profils. Nous sommes d’ailleurs toujours à la recherche de profils et en phase de détection. N’hésitez pas à vous rapprocher de la Fédération et du staff de l’équipe de France !

Contact : handicaps@ffaviron.fr