Tokyo 2020 : Sur le toit du monde

Ils étaient attendus, ils étaient les hommes à battre. Finalement, ce sont eux qui sont venus à bout de la concurrence. Hugo Boucheron et Matthieu Androdias ont remporté, avec la manière, le titre de champions olympiques du deux de couple.

Sébastien Vieilledent et Adrien Hardy ont trouvé leurs successeurs dans l'aviron français. Ou plutôt, Hugo Boucheron et Matthieu Androdias se sont construit une histoire, un parcours, qui les a amenés jusqu'à Tokyo, ce bassin si particulier du Sea Forest Waterway. Jusqu'à la première marche du podium olympique, celle qu'on n'oublie jamais lorsqu'on y pose le pied et où l'on reçoit la plus belle des médailles. Et pourtant, lorsqu'ils ont franchi la ligne d'arrivée, Hugo Boucheron et Matthieu Androdias ne réalisaient pas ce qu'ils viennent d'accomplir.

 

Les six bateaux ont giclé des sabots de départ à la vitesse de boulets de canon. Au passage des 500 premiers mètres, les Français sont en tête malgré quelques fautes techniques, dont une fausse pelle avouée par Matthieu Androdias, mais l'ensemble des concurrents se tiennent dans la même seconde et demie. À mi-parcours, les Chinois reprennent la tête et les Néerlandais la deuxième place, mais il en faut plus pour déstabiliser le duo tricolore. Alors que les Chinois se font décaler, les Français lancent une attaque. Deuxième à 500 mètres de l'arrivée, il est temps de passer sereinement l'enlevage, et coup après coup, de grignoter la distance suffisante pour franchir la ligne d'arrivée en tête. Au 20 centièmes de seconde devant les Néerlandais, avec là aussi une fausse pelle admise cette fois-ci par Hugo Boucheron : "Faire ça, dans les derniers mètres, je me suis dit ce n'est pas possible d'être aussi bête".

Les deux rameurs ne sont pas encore conscients que l'écart à l'arrivée est en leur faveur. "On passe la ligne, on ne sait pas du tout, raconte Matthieu Androdias. Finalement, je vois France 1, et je ne réalise pas du tout". Même constat pour Hugo Boucheron : "J'avais l'impression de finir un entraînement où je me suis mis une grosse charge sans savoir ce qui se passe". L'émotion était vive au moment de passer au podium. "J'ai craqué, lance Matthieu Androdias, il y a tout le chemin qui revient, je repense à toutes les baffles qu'on a prises, ça donne du sens à tout ça, c'était le chemin obligé. On ne serait pas allés aussi loin sans prendre toutes ces claques, il y en a eu de belles, mais ça nous a amenés à un niveau qui n'est plus celui de Rio, dans notre cohésion à deux, à trois". Les deux rameurs se rappellent l'histoire qui les unit depuis 2015. "On était capables de gagner des demi-finales mondiales, de coupe du monde, et le lendemain on n'était plus au niveau, parce qu'on passait à côté le jour J. Il y a des moments où on a failli raccrocher les pelles, mais je pense qu'on a toujours eu foi". Hugo Boucheron et Matthieu Androdias ont également dû essuyer de nombreuses épreuves : contre-performances, blessures, Covid-19, qui les ont empêchés de prendre part à des compétitions ou ont altéré leurs résultats.

Mais c'est aussi à Alexis Besançon, qui devient l'entraîneur le plus titré - au niveau olympique - de l'aviron français, que les deux rameurs dédient cette médaille d'or. "Il nous a construit une histoire commune, confie Matthieu Androdias, il a vu plus loin que l'association que d'autres ont vue avant. On a bâti un trio hyper fort, qui aurait pu éclater à tellement d'occasions, et finalement cela a été l'occasion de nous renforcer". Hugo Boucheron confirme point pour point les propos de son coéquipier : "Pour moi, c'est l'une des plus belles rencontres que j'aie pu faire. Quand j'étais jeune, j'étais très fâché avec les profs, et finalement c'en est un qui m'amène sur le toit du monde, deux fois sur le toit de l'Europe et pour l'instant, une fois champion olympique, on verra dans trois ans".

 

Une nouvelle chance de podium avec le deux de couple poids léger

Course suivante, après plus d'une heure de folie médiatique pour le deux de couple masculin, Laura Tarantola et Claire Bové prenaient le départ de leur demi-finale du deux de couple poids léger féminin, avec deux courses dans la course. En tête les Britanniques, les Néerlandaises et… les Françaises qui, jusqu'à mi-parcours, pointent à la troisième place. Suffisant pour se qualifier pour la finale de demain à 10h10 (3h10), mais pas suffisant pour les tricolores qui se lancent dans une remontée et, sur l'enlevage, consolident leur deuxième place tout en taquinant les Britanniques. "C'était hyper serré, commente Laura Tarantola, ça laisse présager une belle bataille demain". Une course difficile, mais qui est déjà une réussite pour les deux rameuses qui sont les seules à qualifier le deux de couple PL féminin pour une finale olympique. "La course a été dure, ajoute Claire Bové, mais je sentais que Laura poussait derrière moi, et j'avais envie de pousser pour elle". Les deux rameuses sont également motivées par le titre décroché par le double masculin. "Ça donne envie de faire comme eux, on sait que demain on va tout donner, on n'aura aucun regret".

 

Demi-finale suivante, celle du deux sans barreur masculin, une course où les bateaux ont giclé très vite du ponton de départ. Thibaud et Guillaume Turlan étaient au contact de leurs adversaires jusqu'au passage des 500 premiers mètres, avant de décrocher petit à petit et de terminer à la sixième place. Ils courront demain en finale B à 8h30 (1h30).

C'est la finale B du deux de couple féminin qui ouvrait la journée pour les Bleus à Tokyo. Hélène Lefebvre et Élodie Ravera- Scaramozzino n'ont pas réussi à s'inscrire dans le peloton de tête au départ. À mi-parcours, alors qu'elles pointaient à la cinquième position, les deux rameuses ont entamé une remontée impressionnante, confirmée sur un enlevage de folie et passent la ligne d'arrivée en deuxième position. Finalistes olympiques, elles se classent ainsi huitièmes à Tokyo.

Finale B suivante, celle du quatre de couple féminin. Violaine Aernoudts, Margaux Bailleul, Marie Jacquet et Emma Lunatti ont compris d'entrée de jeu que personne ne rivaliserait avec les Britanniques, qui se sont emparées de la tête de course. C'est avec la Nouvelle-Zélande et les États-Unis que les choses allaient se décider. Les premières ont elles aussi pris l'ascendant, laissant les Françaises et les Américaines se disputer la troisième place. Un affrontement qui a tourné à l'avantage des tricolores sur l'enlevage et qui leur permet de terminer ainsi à la neuvième place à Tokyo.

 

Demain, dernières courses pour les Bleus avec encore une chance de médaille.

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Jeux Olympiques Tokyo 2020 - Mercredi 28 Juillet
28/07/2021 - FFAviron - Eric Marie
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