À l’approche de la nouvelle saison sportive, 40 jeunes rameurs et rameuses français ont vécu une expérience aussi sportive qu’humaine à l’occasion de deux stages internationaux organisés fin août : les U15 à Mâcon avec leurs homologues allemands et les U17 à Breisach avec des jeunes Allemands et Italiens. Ces rendez-vous s’inscrivent pleinement dans la dynamique de détection et de formation portée par la Fédération Française d’Aviron.
Depuis plusieurs années, la FFAviron développe ces stages internationaux, notamment avec le soutien de l’OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse). Au-delà de la pratique sportive, ces rencontres permettent aux jeunes rameurs et à leurs entraîneurs de partager leur quotidien avec des sportifs d’autres pays, de découvrir de nouvelles méthodes et de développer leur ouverture d’esprit. Une expérience qui contribue également à la construction du citoyen de demain.
Les U15 à Mâcon pour découvrir la pointe
Identifiés à l’issue des championnats de zone du mois de juin, 24 jeunes U15 français ont participé à une semaine de stage à Mâcon aux côtés de leurs homologues allemands. L’objectif principal : perfectionner leur pratique de la pointe, une technique encore nouvelle pour beaucoup d’entre eux. Ce stage s’inscrit dans la continuité du projet « Row to Olympics », initié par la FFAviron il y a désormais cinq ans.
Placés sous la coordination de Frédéric Doucet, Conseiller Technique National, les jeunes Français étaient encadrés par trois DEJEPS en formation : Anastasiia Tovstohan, Adrien Colin et Johan Labeye-Vullion. Au programme de la semaine : du travail en huit barré et en quatre sans barreur, mais aussi d’autres activités sportives comme la natation ou les sports collectifs. La semaine s’est conclue par une animation compétitive réunissant des équipages franco-allemands. Ces différentes activités sportives ont été accompagnées d’un important volet d’animation linguistique, confié à Thomas Kovacs. Côté allemand, le groupe était coordonné par Charlotte Hebbelmann, qui œuvre depuis plusieurs années aux côtés de la FFAviron sur différents projets internationaux.
Pour Frédéric Doucet, ce stage constitue un rendez-vous particulièrement intéressant en début de saison : « c’est un stage utile pour lancer la nouvelle saison et pour prendre des repères précis sur la pratique de la pointe, nouvelle pour beaucoup de jeunes. Cette réunion à l’échelle nationale amène beaucoup d’homogénéité en termes de capacités d’acquisition technique, et cela est très appréciable, tant pour les rameurs que pour les entraîneurs. Et partager l’ensemble du stage avec nos homologues allemands permet également à tous de s’enrichir.«
Un constat partagé par Charlotte Hebbelmann, qui souligne la bonne répartition des contenus du stage, permettant de maintenir « une pleine implication des jeunes ». Elle insiste également sur la complémentarité entre la pratique sportive et les échanges humains : « mêler le développement de nouvelles compétences en aviron et la création d’amitiés internationales est un plus qui reste dans les têtes de nos jeunes. »
En fin de stage, les jeunes rameurs ont participé à des parcours sur 1000 m et 500 m en huit barré féminin, masculin et mixte. À l’issue des courses, Français et Allemands se sont quittés sur un score de parité, trois victoires partout, avec des courses très serrées.


Les U17 réunis en Allemagne
Dans le même temps, 16 jeunes U17 français ont pris la direction de Breisach, en Allemagne, pour un stage trinational aux côtés de leurs homologues allemands et italiens. Ce n’est que la deuxième fois que le stage U17 est organisé sous cette forme. Les trois coordinateurs du projet – Stefano Goia pour l’Italie, Carla Janicke pour l’Allemagne et Donatien Morvan pour la France – disposent toutefois d’une solide expérience des échanges internationaux et sont convaincus des bénéfices de ce type de projet. Les jeunes Français étaient également accompagnés par quatre entraîneurs en formation DEJEPS : Joséphine Barthélémy, Lucas Fauche, Hugo Dutertre et Rémi Davau.
Les trois pays procèdent en amont à une sélection de leurs jeunes rameurs. Si ces derniers ont une forte probabilité d’intégrer une équipe nationale dès la catégorie U19, le stage vise également à en faire des ambassadeurs du vivre-ensemble et des échanges entre les nations.
Pendant toute la semaine, les 16 rameurs de chaque pays se sont entraînés ensemble et confrontés en quatre sans barreur et en quatre de couple homme et femme. Les deux dernières journées ont été consacrées aux parcours de fin de stage : deux courses de 500 m le vendredi, puis une course de 2000 m le samedi. L’occasion pour les jeunes de mesurer le chemin restant à parcourir pour se rapprocher du meilleur niveau de leur catégorie d’âge.
Sur le plan sportif, chaque équipage français est parvenu à s’illustrer sur l’un des trois parcours disputés. Sur 500 m, trois bateaux français se sont imposés : le quatre sans barreur masculin composé d’Arthur Gascoin et Antonin Lougnon (Aviron Toulousain), Maxence Nottelet et Paul-Elias Doumbia-Poirier (Aviron Marne Joinville), le quatre de couple masculin avec Yanis Thiam (Brive), Pascal Bevillard (Aviron Grenoblois), Oscar Houel (CA Nantes) et Arthur Brecou (Fenouillet), ainsi que le quatre de couple féminin d’Amy Boodle (Saint Cassien), Maéva Brassoud San Miguel (Sévrier), Margaux Bainvel et Adèle Caron (CA Nantes).
Le quatrième équipage français, engagé en quatre sans barreur féminin, s’est quant à lui particulièrement distingué sur 2000 m. Zélie Savary (Nantes Léo Lagrange), Rose Daurios (Montauban), Laura Bartczak (Sainte-Livrade) et Léna Djossouvi Cureau (Reims) ont terminé à seulement 0,3 seconde du bateau allemand, signant au passage le meilleur pourcentage par rapport au temps de référence parmi les équipages français.
Pour Donatien Morvan, cette expérience a également été une réussite sur le plan humain : « grâce notamment au travail de notre animatrice linguistique Phibie, parfaitement secondée par les entraîneurs, nous avons pu observer un vrai mélange des jeunes des trois pays sur tous les moments de vie. Sur le plan sportif, le niveau général était beaucoup plus homogène que l’an passé, ce qui laisse penser que l’ensemble des parcours de fin de stage aura un impact positif pour tous ces rameurs. J’ai énormément apprécié la forte implication des jeunes coachs français en formation, qui se sont emparés pleinement du projet et ont su contribuer pleinement à la réussite de ce stage. »
Une expérience particulièrement enrichissante également pour les jeunes entraîneurs. Joséphine Barthélémy retient une semaine « riche en apprentissage tant pour les rameurs que pour nous jeunes coachs », ajoutant que « la dimension internationale nécessite encore plus d’adaptation, et nous sort de notre zone de confort ». Une expérience dont elle ressort « hyper motivée ». Pour Rémi Davau, ce stage représente également « la chance d’être associé à un projet de formation du haut niveau de demain », tout en donnant « du sens à son métier » grâce aux échanges avec les entraîneurs des différents pays et aux problématiques qu’ils rencontrent chacun dans leur contexte.
Les témoignages des entraîneurs des trois délégations convergent ainsi vers un même constat : lorsqu’il est pensé autour de l’échange et du partage, le sport constitue un formidable outil pour favoriser la compréhension et la bonne entente entre les peuples.
Du côté des rameurs, Margaux Bainvel résume cette expérience en quelques mots : « des moments sportifs et sociaux précieux ; ce stage nous a fait rêver de haut niveau pour la suite ! »
Au terme de ces deux stages, les 40 jeunes Français repartent ainsi avec une motivation décuplée à l’aube de cette nouvelle saison sportive. Rameurs comme entraîneurs auront également grandi au contact de leurs homologues allemands et italiens, avec une expérience internationale qui devrait nourrir la suite de leur parcours sportif et humain.


















