Au début de l’été, le club d’aviron de mer de La Rochelle organisait sa randonnée annuelle « Les Pertuis Rochelais en passant par l’Île de Ré », cette année labellisée Randonnée de l’Année !
Sous une météo idéale, ce sont plus de 90 personnes venues de France, Belgique, Grande‑Bretagne, Espagne et États‑Unis qui ont découvert le parcours !
Pour préparer cet événement et accueillir les participants de la meilleure des manière, les bénévoles du club ont travaillé pendant près d’un an. Rencontre avec Agnès Beauvilliers et Mireille Malaguti, qui nous parlent de l’engagement du club et de l’intérêt pour eux d’organiser une telle manifestation.
Comment le club travaille-t-il à l’organisation d’une randonnée comme celle-ci ?
L’organisation d’une randonnée se prépare sur une année entière. Dès qu’une édition est terminée, nous commençons déjà à préparer la suivante.
La première étape consiste à définir le parcours et la date. Pour une randonnée en mer, nous devons notamment tenir compte des coefficients de marée, qui influencent fortement le choix du calendrier. Ensuite viennent toutes les démarches administratives, avec les autorisations à obtenir auprès de la préfecture, de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer et des différents partenaires concernés.
Il faut également respecter le calendrier de labellisation des randonnées. Le catalogue est publié à la fin du mois de décembre, mais les dossiers doivent être déposés dès la fin du mois d’août. Cela demande donc une forte anticipation.
Tout au long de l’année, le travail se poursuit avec la conception de l’événement, la gestion des inscriptions, la préparation logistique et la coordination des bénévoles. Nous échangeons régulièrement avec eux afin que chacun connaisse son rôle et que tout soit prêt le jour J. Chaque année, une quarantaine à une cinquantaine de bénévoles se mobilisent. Leur implication permet de faire face aux imprévus et d’assurer le bon déroulement de la manifestation. Les randonneurs sont d’ailleurs habitués aux aléas liés à la pratique en mer, mais ils apprécient surtout de voir une équipe capable de s’adapter rapidement tout en conservant un accueil chaleureux.
C’est un travail permanent, rythmé par des périodes plus ou moins intenses, mais qui mobilise le club pendant douze mois.
Qu’est-ce que ce type d’événement apporte au club ?
Ce type d’événement est extrêmement important pour le club, car il rassemble l’ensemble de nos sections autour d’un projet commun. Toutes participent à son organisation et sont mobilisées le week-end de la randonnée : les compétiteurs, les rameurs loisirs, le groupe Aviron Santé, mais aussi les retraités, notamment à travers notre partenariat avec l’Association Retraite Sportive Aunisienne. Cette mobilisation collective est très fédératrice. Chacun apporte sa contribution et participe à la réussite de l’événement. C’est un moment qui renforce la cohésion du club.
À l’origine, l’un des objectifs était de contribuer au financement du club, notamment du poste de notre entraîneur, mais aussi plus largement de soutenir les différentes activités de l’association. Comme beaucoup de clubs, nous vivons essentiellement grâce aux cotisations de nos adhérents et à quelques subventions, qui restent limitées. La randonnée représente donc une source de financement importante.
Mais cette motivation financière n’est pas la seule, loin de là. Organiser une randonnée, c’est aussi partager des moments avec la grande famille de l’aviron. Les randonneurs se connaissent d’un club à l’autre, ils partagent les mêmes valeurs et le même état d’esprit. Il existe une véritable convivialité entre eux, et c’est toujours un plaisir de faire vivre cet esprit de famille propre aux randonnées d’aviron.
C’est une belle occasion de faire découvrir notre territoire et de mettre en valeur notre club. Nous comptons plus de 250 adhérents, mais nous restons un club à taille humaine. Lors de la randonnée, chacun est fier de porter les couleurs du CRMLR et de faire découvrir La Rochelle aux participants venus d’ailleurs.
On voit donc que toutes les générations sont mobilisées. Qu’est-ce que cela change dans la vie du club ?
L’aviron est un sport qui a l’avantage de pouvoir être pratiqué à tout âge. En mer, on commence généralement autour de 12 ou 14 ans, mais certains de nos rameurs ont plus de 80 ans, voire plus de 90 ans.
Cette diversité des générations est une véritable richesse pour le club. Les plus jeunes apportent leur dynamisme et leurs compétences, notamment sur les outils numériques, tandis que les plus anciens transmettent leur expérience, leur technique et leur connaissance de la vie associative.
Cette complémentarité profite à tout le monde. Cette année, par exemple, le logo figurant sur nos écocups a été créé par une jeune compétitrice. À l’inverse, les retraités peuvent souvent consacrer davantage de temps au bénévolat et jouent un rôle essentiel dans l’organisation de nos événements.
Au final, chacun apporte quelque chose aux autres. Cette synergie entre les générations contribue à la bonne ambiance du club et renforce son fonctionnement au quotidien.
Quels conseils donneriez-vous à un club qui souhaite se lancer dans l’organisation d’une randonnée ?
Le premier conseil serait de commencer par un projet simple, qui corresponde réellement à l’identité du club. Une randonnée réussie n’a pas besoin d’être spectaculaire : elle doit avant tout refléter l’esprit du club qui l’organise.
L’objectif est de faire découvrir un territoire aux participants. Pour cela, il est important de s’appuyer sur les acteurs locaux, notamment les producteurs, afin de mettre en valeur les richesses du territoire et son tissu économique. Les participants viennent vivre une expérience complète, pas seulement une sortie sur l’eau.
Il faut également organiser la randonnée comme on aimerait soi-même la vivre. À chaque décision, nous nous demandons ce qui ferait plaisir aux randonneurs et comment leur offrir le meilleur accueil possible. Cette spontanéité et cette envie de partager sont essentielles.
Enfin, rien de tout cela n’est possible sans les bénévoles. Leur engagement est essentiel à chaque étape de l’événement : l’accueil des participants, les embarquements, l’organisation et le service des repas, la logistique ou encore la coordination générale. Sans eux, une randonnée comme la nôtre ne pourrait tout simplement pas exister. Ils sont la clé de la réussite d’une randonnée.
Quel a été votre meilleur moment ou votre plus grande fierté dans cette aventure ?
Cette année, l’un des moments les plus marquants a été l’initiative prise par les bénévoles de créer un hymne pour le club. C’était une première. Ils ont écrit les paroles, répété ensemble pendant plusieurs semaines. Voir les bénévoles s’investir avec autant d’enthousiasme est une grande source de fierté.
Plus largement, notre plus belle récompense reste le retour des randonneurs à l’issue de chaque édition. Leurs commentaires positifs nous confortent dans le travail accompli et nous permettent également d’identifier les points à améliorer pour les années suivantes.
Ces retours sont aussi une reconnaissance pour les bénévoles. Ils consacrent énormément de temps à l’organisation de la randonnée, et voir les participants repartir satisfaits est une véritable récompense pour leur engagement.
A contrario, à quelles difficultés avez-vous dû faire face ?
Comme toute manifestation organisée en extérieur, une randonnée est soumise à de nombreux aléas, en particulier aux conditions météorologiques.
Au fil des années, nous avons connu plusieurs situations compliquées. La période du Covid a bien sûr fortement perturbé l’organisation de la randonnée. L’année suivante, une canicule a conduit la préfecture à interdire les activités sportives alors que certains participants étaient déjà en route pour La Rochelle. Nous avons malgré tout accueilli les randonneurs présents et, l’arrêté ayant été levé le dimanche, ils ont finalement pu profiter d’une partie de la randonnée.
Plus récemment, des conditions de mer défavorables nous ont empêchés de suivre le programme prévu. Pour garantir la sécurité de tous, nous avons dû renoncer à la sortie. Nous avions cependant anticipé cette éventualité avec un plan B : les participants ont embarqué à bord d’un bateau de tourisme pour rejoindre l’île d’Aix en passant par Fort Boyard. Ils ont ainsi pu découvrir le parcours autrement tout en constatant que les conditions de navigation ne permettaient effectivement pas de ramer.
Le lendemain, nous avons également organisé un défi sur rameurs en salle afin de maintenir un moment convivial. Même si ce n’était pas le programme initial, les participants ont apprécié ces solutions de remplacement.
Au-delà de la météo, l’organisation réserve toujours son lot d’imprévus. Cette année encore, nous avons dû trouver un nouveau traiteur seulement un mois avant l’événement. Grâce à la solidarité du réseau local et à l’engagement des bénévoles, nous avons trouvé une solution. C’est finalement ce qui caractérise le mieux ce type d’organisation : on ne peut pas tout anticiper, mais avec une équipe soudée, il existe presque toujours une solution !

















