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Trois bateaux, trois médailles de bronze pour les Bleus aux championnats d’Europe U23

Engagée avec trois équipages aux championnats d’Europe U23, l’équipe de France repart de Kruszwica avec trois médailles de bronze. Dans des conditions de course particulièrement difficiles, marquées par un vent soutenu et plusieurs aléas techniques, les trois bateaux tricolores ont su s’adapter et s’accrocher jusqu’au bout pour monter sur le podium.

Après les championnats du monde U23 disputés en juillet à Duisbourg, les jeunes rameurs et rameuses français avaient rendez-vous ce week-end à Kruszwica, en Pologne, pour une nouvelle échéance internationale. Avec un bilan encourageant : trois équipages engagés, trois médailles de bronze décrochées.

Le week-end n’a pourtant pas été de tout repos. Le vent, parfois très fort et accompagné de rafales et de vagues importantes, est venu perturber les courses et modifier les conditions de navigation d’une épreuve à l’autre. Plusieurs problèmes techniques au niveau des pontons de départ ont également contraint les organisateurs à revoir le programme et à transformer certaines séries en courses contre la montre. Autant d’imprévus auxquels les Français ont su répondre avec lucidité.

Le deux sans barreur féminin confirme

Déjà médaillées de bronze aux championnats du monde U23 à Duisbourg, Jeanne Sellier (Cercle Nautique des Régates Rémoises) et Louise Dinard (Société Nautique de la Basse-Seine) ont une nouvelle fois décroché le bronze en deux sans barreur.

Leur championnat commence après un long retard au départ. Alors qu’elles sont déjà sur l’eau pour leur échauffement, les Françaises doivent patienter plus de 25 minutes avant que les problèmes techniques au niveau des starts soient réglés. « Ça nous a un peu déstabilisées, mais on est quand même assez restées focus », raconte Jeanne Sellier. Les conditions de navigation sont également difficiles, avec un fort vent de côté et des vagues importantes. Parties légèrement en retrait derrière les Roumaines, les Françaises remontent progressivement sur les Italiennes et les Danoises pour finalement prendre la deuxième place de leur série.

Qualifiées directement pour la finale, les deux Françaises retrouvent des conditions toujours aussi compliquées le lendemain. Elles réalisent cette fois un gros départ et parviennent à rester au contact des bateaux de tête avant de subir davantage les effets du vent dans la deuxième moitié du parcours. Distancées par les Roumaines et les Lituaniennes, elles ne renoncent pourtant jamais et tentent jusqu’au bout de revenir sur leurs adversaires. Une nouvelle fois, comme aux championnats du monde, leur capacité à terminer fort leur permet de s’assurer une place sur le podium.

« Je pense que vraiment, sur la deuxième course, même si ça ne nous emmène qu’à la troisième place, on s’est quand même donné les chances en produisant un gros départ, en essayant de s’accrocher », souligne Louise. « Ça n’aura pas suffi, mais je trouve qu’on était toutes les deux quand même assez contentes de cette deuxième course, où on a pu beaucoup mieux s’exprimer. »

Une nouvelle médaille qui vient conclure de belle manière l’aventure internationale des deux rameuses, associées depuis seulement le mois de juin. « On s’est rencontrées seulement en juin, mais ça a quand même super bien cliqué très rapidement. Donc qu’on ait pu continuer notre aventure jusqu’aux Europe, c’était super. Et qu’au final, ça se finisse de la meilleure des manières, avec une autre médaille, c’était parfait », se réjouit Louise Dinard.

Le deux de couple masculin s’accroche jusqu’au bout

Pour Arthur Mockels (Société Nautique de Pont-à-Mousson) et Jordan Godde (Rowing Club de Cannes-Mandelieu), les conditions ont également bouleversé le programme dès le premier jour. Après l’échauffement, les deux Français apprennent que leur série ne pourra finalement pas se disputer bord à bord en raison des conditions et des problèmes techniques au départ. Elle est transformée en tête de rivière afin de garantir l’équité entre les concurrents. Avec un temps de 6:56,48, le duo prend la troisième place du contre-la-montre et se met en confiance pour la suite.

Quelques heures plus tard, les Français doivent déjà remettre le couvert pour leur demi-finale. Ils ont pu pour cela compter sur l’accompagnement du staff pour récupérer et aborder cette nouvelle course dans les meilleures conditions. « Notre coach Davide Babboni a aussi su trouver les bons mots pour nous mettre en confiance, nous rappeler le travail qui avait été fait à l’entraînement et ce qu’il fallait faire pour que ça fonctionne », souligne Arthur.

En demi-finale, les Français s’appuient sur une stratégie adaptée aux caractéristiques du bassin. Ils savent notamment pouvoir profiter de leurs qualités sur les premiers et derniers mètres, où le bassin est davantage abrité. « Vu qu’on se savait plutôt forts en début et en fin de parcours, et plutôt explosifs, on pouvait profiter de ça, être techniquement bons et faire le moins de fautes possible au milieu pour ne pas se faire reprendre. » Le plan fonctionne à merveille : Arthur Mockels et Jordan Godde remportent leur demi-finale et décrochent leur place en finale.

Le lendemain, pour la finale, le vent a encore changé. Le duo conserve pourtant son plan de course : « On a fait un gros start. On a essayé d’être bons techniquement au milieu, de ne pas arrêter le bateau et de continuer à faire de la glisse pour que tout ce qu’on avait fait avant ne serve pas à rien. » Dans les derniers mètres, l’Italie revient fort mais les Français s’accrochent et peuvent compter l’un sur l’autre pour conserver leur troisième place. « Dans les 300-200 derniers mètres, on se fait rattraper par l’Italie, qu’on savait avoir un gros finish », raconte Arthur. « Mais sur les derniers mètres, comme pour les séries et les demies, on savait qu’on pouvait se faire confiance. »

À l’arrivée, c’est la première médaille internationale pour les deux rameurs. « Pour nous, c’était vraiment une super expérience. D’abord parce que c’est notre première médaille à l’international tous les deux, mais aussi et surtout parce que, tout au long de l’année, on s’est vraiment fait porter par la famille, les amis, le pôle et le club. Avoir une médaille, ça donne un petit peu l’impression de donner un retour à tout le soutien qu’on a pu avoir. »

Le deux sans barreur masculin au bout de l’effort

Le deux sans barreur composé d’Odysseas Tubidis (Boulogne 92) et Louis Descot-Vigouroux (Aviron Toulousain) était le dernier équipage engagé dans ces championnats d’Europe.

Initialement prévue le matin, leur série est d’abord repoussée, avant d’être finalement disputée plus de cinq heures après l’horaire initial. Là encore, les problèmes techniques au départ conduisent les organisateurs à transformer la course en tête de rivière. « On monte au départ, on fait notre échauffement, on s’aligne. Et puis, au moment de notre série, tout est retardé : dix, vingt, trente minutes », raconte Odysseas Tubidis. « Finalement, on nous demande de rentrer au ponton de débarquement et d’attendre notre course, qui est retardée de 5 h 20. »

L’après-midi, en tête-de-rivière, les Français réalisent un temps de 7:07,37, suffisant pour décrocher leur place en finale. « Aux 1 000 mètres du milieu, c’était vraiment un vent … Je pense qu’aucun de nous deux n’avait jamais vu ça. Le bateau était complètement arrêté dans les bouées, incapable de ramer long, c’était un enfer. » Une fois leur qualification acquise, les deux rameurs se tournent immédiatement vers la finale et l’objectif de décrocher une médaille.

Face à eux, les Belges, les Italiens et les Polonais constituent les principaux adversaires à battre pour monter sur le podium. Les Français prennent un départ légèrement en retrait, avant de rester au contact dans la partie la plus difficile du parcours. « À ce moment-là, on ne fait que regarder à côté tous les quinze coups, puis relancer. On regarde où on est, on relance, on regarde où on est … Et finalement, ça passe. » Les Français parviennent à creuser l’écart sur l’Italie et à prendre la troisième place. Dans les derniers mètres, les Italiens reviennent fort, mais le duo français résiste jusqu’à la ligne. « Ça se finit à rien du tout, mais on était vraiment un peu plus sereins que sur le début de course et sur la série de la veille », explique Odysseas.

Puis vient le soulagement sur la ligne d’arrivée. « À ce moment-là, on franchit la ligne et c’est complètement fou. C’est à l’instant où on comprend qu’on est troisièmes », poursuit-il. « Enfin, tous les entraînements ont payé. »

Pour Louis Descot-Vigouroux, la médaille vient également mettre un point final à une saison particulièrement exigeante. « Gros soulagement en passant la ligne d’arrivée, tous les nerfs ont lâché ! J’étais vachement plus stressé que d’habitude parce que c’était vraiment notre dernière chance de montrer qu’on n’était pas là par hasard, et qu’on avait travaillé tellement dur toute l’année pour arriver à croquer du métal sur le podium. » Et malgré la douleur de l’effort, la satisfaction prend rapidement le dessus : « Ça clôture bien cette longue saison et ça met vraiment en confiance pour la suite. Ça donne encore plus envie d’être prêt pour les échéances qui arrivent. »

Trois bateaux, trois médailles : un bilan plein de promesses

Au-delà des performances de chacun, c’est surtout le résultat collectif qui restera de ce week-end à Kruszwica. Malgré le vent, les changements de conditions et les nombreux aléas qui ont perturbé le programme, les trois équipages français ont su rester concentrés et s’accrocher jusqu’au bout.

Pour leur entraîneur Davide Babboni, « le week-end a été compliqué car nous avons eu beaucoup de vent mais les jeunes ont su rester lucides, ils ont fait de très bon parcours. Le fait de ne pas s’arrêter après les championnats du monde leur a permis de monter encore en puissance et en technique. Ils ont fait des courses vraiment irréprochables et ces trois médailles de bronze sont vraiment encourageantes pour la saison prochaine. »

Une dynamique collective particulièrement appréciée par les rameurs eux-mêmes. « Le fait qu’on soit une petite délégation, qu’on ne soit que trois bateaux mais qu’on ait tous fait une médaille de bronze, je pense que ça nous a tous beaucoup marqués », confie Louise Dinard. « On était très contents les uns pour les autres. Il y avait une super ambiance. »

Avec trois médailles de bronze pour trois bateaux engagés, l’équipe de France U23 clôture ainsi sa saison internationale. Prochain rendez-vous pour les équipes de France d’aviron : les championnats du monde de sprint de plage à Qingdao, en Chine, du 18 au 21 octobre.